Chapter 03 · 5 min 31 sec

Ceux Qui Partent — Os Que Partem

The invisible inheritance — what our ancestors planted in us without us knowing.

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Lyrics· 793 words

[Intro]

Il est parti avant l’aurore, une valise et trois chemises. Il a laissé son cœur au port pour tenir une promesse faite à sa famille.

On dit qu’il est parti chercher une vie meilleure…

Personne ne dit ce qu’il a dû laisser derrière.

[Verso 1]

Cinq heures du matin, terminal presque vide, son fils dort sur son épaule, sa femme serre les billets, fixe le sol, cherche encore quelques paroles. Il dit : « Ce n’est que pour un temps, juste assez pour nous relever », mais personne autour de lui ne sait combien de temps peut durer “assez”.

Il embrasse le petit qui ne comprend pas pourquoi papa prend l’avion, pourquoi sa place sera vide au dîner, pourquoi maman évite la question. Il embrasse sa femme plus longtemps, pose son front contre le sien, puis franchit le contrôle sans se retourner parce qu’il ne tiendrait pas bien.

Une valise de vingt kilos, toute une vie laissée derrière, une photo dans le portefeuille, quelques billets, une prière. Dans l’avion, personne ne parle, chacun regarde par le hublot, des maçons, des chauffeurs, des ingénieurs, tous loin de leur foyer.

Ils vont bâtir les maisons des autres en rêvant de finir la leur, servir des tables pleines en cachant qu’ils mangent seuls à toute heure. Prendre n’importe quel travail, apprendre les mots, supporter le froid, parce qu’à la maison quelqu’un compte sur eux et croit encore en leur voix.

[Fadista]

Je t’ai regardé traverser la porte, sans savoir quand tu reviendrais. J’ai gardé ta place près de la mienne, comme si jamais tu ne partais.

Tu disais : « Je vais bien, ne t’inquiète pas. » Je savais que tu mentais pour nous. Tu portais le poids de la maison dans une chambre loin de tout.

[Refrão]

[Fadista]

Aos homens que partem sozinhos para a família poder ficar, aos que escondem as lágrimas antes de o avião levantar.

[Rapper]

À ceux qui travaillent en silence, loin de tout ce qu’ils ont construit, qui donnent leurs jours à la distance pour offrir demain à leurs petits.

[Fadista]

NINGUÉM VÊ O PREÇO DA AUSÊNCIA! NINGUÉM OUVE O QUARTO A GRITAR!

[Ambos]

MAS CAEM, RESPIRAM, LEVANTAM-SE—

E VOLTAM A LUTAR!

[Verso 2]

Premier mois dans une chambre avec un lit, une table et deux valises, la pluie frappe à la fenêtre, la solitude entre sans prévenir. Il travaille dix heures par jour, dit toujours oui, apprend vite, puis rentre quand la ville dort dans un silence qui l’évite.

À vingt et une heures, l’écran s’allume : « Papa, regarde mon dessin ! » Il sourit, pose mille questions, demande si tout se passe bien. Son fils a perdu une dent, sa fille sait maintenant lire, il voit grandir ses enfants à travers un écran trop petit.

Sa femme raconte les factures, mais pas la peur des nuits trop longues. Lui raconte le beau temps, mais pas la fatigue qui le ronge. Chacun protège l’autre avec de petits mensonges pleins d’amour : « Ne t’inquiète pas, tout va bien. » — la phrase revient chaque jour.

À la fin du mois, il garde juste de quoi payer sa chambre et manger, le reste traverse la frontière avant même qu’il puisse le compter. Là-bas, on répare le toit, on achète des chaussures pour l’école, ici, il réchauffe un plat seul avec leurs photos contre l’épaule.

Il manque les anniversaires, les spectacles, les premiers pas, les dimanches autour de la table, les moments qui ne reviennent pas. On l’appelle courageux parce qu’il ne se plaint jamais, mais personne ne demande où vont les larmes qu’il n’a pas versées.

[Fadista]

Les enfants grandissent dans mes bras, mais cherchent ton visage à la porte. Je leur raconte pourquoi tu combats, pour que ton absence les rende forts.

Mais moi aussi, parfois, je tombe. Moi aussi, je voudrais crier. Nous sommes deux à porter la famille—

Toi, là-bas. Moi, de l’autre côté.

[Refrão]

[Fadista]

À ceux qui partent sans vouloir partir, à ceux qui restent sans vouloir rester, à ceux qui sacrifient aujourd’hui pour un lendemain qu’ils veulent toucher.

[Rapper]

À ceux qui disent : « Encore un mois », puis regardent les années passer, à ceux qui rentrent pour quelques jours et doivent déjà tout recommencer.

[Fadista]

NINGUÉM VÊ O PREÇO DA AUSÊNCIA! NINGUÉM OUVE O QUARTO A GRITAR!

[Ambos]

MAS CAEM, RESPIRAM, LEVANTAM-SE—

E VOLTAM A LUTAR!

[Verso 3]

Vendredi soir, aéroport rempli, des hommes attendent devant la porte, sacs sur le dos, yeux fatigués, mais l’idée du retour les transporte. L’un ramène un parfum, l’autre un jouet acheté dans une station, des cadeaux trop petits pour contenir des mois de séparation.

L’avion touche le sol, ils rallument tous leurs téléphones en même temps, « J’arrive », « Je suis là

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