Chapter 01 · 6 min 00 sec
Le Bien Reconnaît le Bien
The lifelong question — searching for meaning that was always already there.
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Lyrics· 796 words
[Intro]
A noite caiu sobre a terra, ninguém perguntou porquê. Uns chamaram-lhe vitória… Outros ficaram sem ninguém.
[Pneu De Voiture Sur Route Mouillée]
[Rappeur]
Six heures douze.
Le monde brûle déjà avant même que le café soit prêt.
[Couplet 1]
Six heures douze, la télé parle encore de la guerre, un présentateur bien coiffé dit qu’on avance sur le terrain. Des flèches rouges sur une carte, des généraux, des commentaires, mais sur la carte y’a pas la chambre où Lina cherchait sa mère.
Elle a huit ans, serre un livre, une chaussure et son manteau, elle ne comprend pas les frontières, elle comprend le bruit d’en haut. Son père disait : « N’aie pas peur », lui-même tremblait en le disant, car les adultes mentent aux enfants pour leur laisser quelques instants.
À vingt kilomètres de là, dans un uniforme trop grand, un garçon tient son fusil comme on tient un animal vivant. Il s’appelle Elias, vingt ans, il voulait réparer des moteurs, maintenant on lui dit : « Sois un homme », comme si un homme n’avait pas peur.
Il regarde une photographie pliée quatre fois dans sa veste, sa petite sœur devant l’école, deux dents absentes, sourire céleste. On lui a donné un ennemi, un drapeau, une direction, mais personne ne lui a appris à tuer sans tuer quelque chose au fond.
Deux camps, deux langues, deux hymnes, deux versions de la mémoire, deux mères qui restent éveillées, deux fils perdus dans le noir. Chacun croit défendre les siens, chacun redoute le matin, et pendant qu’ils visent une ombre—
ils ont les mêmes mains.
[Fadista]
Ai, filho, volta para casa… A guerra não sabe o teu nome. Só deixa a cadeira vazia e uma mãe que já não dorme.
[Refrain]
[Rappeur]
On a tous peur. Même derrière les armes. On a tous peur. Même ceux qui cachent leurs larmes.
Ils nous apprennent à haïr des visages qu’on connaît à peine. Mais le Mal ne voit que le Mal et nourrit la même haine.
[Fadista]
Somos feitos da mesma vida, temos medo de perder. Só o Bem reconhece o Bem… Mesmo quando não o quer ver.
[Rappeur]
Je ne suis pas faible, je pourrais rendre chaque coup. Mais je choisis de voir l’humain quand on m’ordonne de voir un loup.
[Couplet 2]
Huit heures trente, grande salle, costumes sombres, bois verni, on décide combien de jeunes vont disparaître avant midi. « Dommages collatéraux », « réponse », « intérêt national », des mots propres pour cacher que la réalité finit mal.
Un ministre frappe la table, il faut montrer qu’on est fort, les caméras tournent, il redresse sa cravate et parle encore. Mais la nuit, seul dans sa cuisine, sans conseillers, sans lumière, il regarde dormir sa fille et se demande s’il est fier.
Je ne l’excuse pas — comprendre n’est jamais absoudre. Une signature peut tuer sans entendre tomber la foudre. Mais même ceux qui donnent les ordres ont peur de perdre leur pouvoir, peur d’avoir l’air vulnérables, peur de se regarder dans le miroir.
Voilà la merde politique : chacun protège sa position, ils vendent la peur comme un programme, la colère comme une solution. Ils divisent pour régner, puis jurent qu’ils veulent nous unir, ils fabriquent des incendies, puis promettent de les contenir.
À gauche, à droite, mêmes slogans repeints selon la saison, ils parlent au nom du peuple sans connaître le prix d’une maison. Pendant qu’ils jouent aux sauveurs, un père compte jusqu’au dernier centime, une mère cumule deux emplois et sourit pour rassurer ses gamines.
Tout le monde fait ce qu’il peut, parfois bien, parfois très mal, certains survivent en silence, d’autres construisent leur piédestal. La peur n’efface pas la faute, la douleur n’excuse pas tout, mais si l’on refuse de comprendre, qui brisera la roue ?
[Fadista]
Quem manda também tem medo, quem luta só quer voltar. Mas há quem venda o nosso medo para nunca o poder largar.
[Refrain]
[Rappeur]
On a tous peur. Même derrière les armes. On a tous peur. Même ceux qui cachent leurs larmes.
Ils nous apprennent à haïr des visages qu’on connaît à peine. Mais le Mal ne voit que le Mal et nourrit la même haine.
[Fadista]
Somos feitos da mesma vida, temos medo de perder. Só o Bem reconhece o Bem… E escolhe não se render.
[Rappeur]
Je ne suis pas faible, je pourrais rendre chaque coup. Mais je choisis de voir l’humain quand on m’ordonne de voir un loup.
[Couplet 3]
Midi quarante, dans le métro, les visages fixent le sol, un homme vient de perdre son poste, mais dit chez lui que tout va bien. Une femme cache sous ses manches ce que lui coûte son contrôle, un adolescent rit très fort pour que personne ne voie plus rien.
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